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  • Bruno de Kergaradec

Assainissement Non Collectif (ANC): les filières et les acteurs


L’ANC, c’est facile ? Pas tant que ça. Les litiges sont nombreux car les installations ne sont pas toujours réalisées dans les règles.

Heureusement, une norme existe et tout l’art consiste à la comprendre pour mener son projet à bien : le NF DTU 64-1 d’août 2013. Ce Document Technique Unifié concerne les dispositifs d’assainissement non collectif pour les maisons d’assainissement individuelles jusqu’à 20 pièces principales.

Toutes les habitations qui ne sont pas desservies par un réseau de collecte des eaux usées (égouts) doivent être équipées d’une installation autonome dite d’assainissement non collectif (ANC) pour traiter individuellement leurs eaux usées domestiques. Il s’agit des eaux grises (lavabos, cuisine, lave-linge, douche, etc.) et des eaux-vannes (W.-C.).

Voilà une présentation de l’assainissement non collectif qui pourrait vous aider à comprendre les grands principes de ce type d’assainissement.


Les techniques traditionnelles :

1) La fosse septique :

Les effluents sont traités par des bactéries anaérobies.

La fermentation produit un gaz toxique et acide en phase aqueuse : l’H2S. Il faut donc ventiler la fosse (ventilation secondaire), surtout si celle-ci est en béton.


Le dimensionnement pour les installations individuelles est de 3 m3/ 5 pièces principales + 1 m3/ pièce complémentaire

Pièces principales = pièces à vivre + chambres (hors cuisine) - Art R111-1-1 Code Construction

La vidange lorsque les boues atteignent 50% du volume utile, réalisée par un vidangeur agréé.

On ne vide pas une fosse lors des vidanges : on aspire uniquement les boues en prenant soin d'en conserver environ 10% pour le réensemencement de l'effluent.


Les performances attendues sont en général :

- abattement MES = 50%

- abattement DBO5 = 30%

- pratiquement aucun abattement sur l'azote ni les germes.


2) Le traitement secondaire par le sol :


Les sols sont classés par leur granulométrie. La granulométrie est indépendante de la composition chimique et fait varier l’aptitude d’un sol à l’infiltration, qui se mesure par la perméabilité K en mm/h.



Le traitement s'effectue grâce à des bactéries aérobies fixées dans le sol.

La technique adaptée en terrain de perméabilité médiocre ou moyenne est la tranchée d'épandage. L'épandage est réalisé par des drains (tuyaux fendus) sur un lit de gravier (diffusion de l’effluent) en contact avec le sol.

vue en coupe

La technique adaptée en terrain à dominante sableuse (tranchées instables) : le lit d’épandage. Il est entièrement décaissé et recouvert de 30 cm de gravier.


vue en coupe

3) Le traitement secondaire par un sol reconstitué

Lorsque la perméabilité du sol naturel ne convient pas, on le remplace par une couche de 70 cm de sable (spéciale filtration) spécialement calibré (filtre vertical). En cas de rocher ou de nappe phréatique à faible profondeur, on l'installe hors sol (tertre filtrant).

Le sable utilisé doit être siliceux (et non pas calcaire). Il est aussi lavé pour contenir peu de fines.





4) Les malfaçons les plus fréquemment rencontrées :

- La pose non conforme à l’étude de conception et au DT 64.1 du 10 août 2013 de la boucle

d’épandage ne permet plus l’écoulement de l’eau de sortie de la micro station.

- Le défaut d’étanchéité entre les tuyaux de raccordement et les boîtes de jonction provoque l’engorgement des tuyaux par la terre, de même que l’absence de collage des raccords de

tuyaux s’il est avéré.

- Le remblaiement latéral de la micro station s’il est avéré être en terre végétale est de nature à

endommager la micro station en créant des fissures ou des ruptures par écrasement.


Les nouvelles filières agréées :

Types de filières

- Massif filtrant planté

- Massifs filtrants compacts : filtres à sable, zéolite, laine de roche, fibres de coco, autres fibres...

- Micro-stations à cultures fixées

- Micro-stations à cultures libres

- Micro-stations de type SBR (Sequential Batch Reactor)

- Dimensionnement : 1 équivalent-habitant = 1 pièce principale (sauf établissements recevant du public et maisons individuelles au nombre de pièces disproportionné).


Les différents acteurs :

1) Le SPANC : le service public d'assainissement non collectif est chargé du contrôle de tous les systèmes d'assainissement effectuant la collecte, le traitement, l'épuration, l'infiltration ou le rejet des eaux usées domestiques des habitations non raccordées au réseau d'assainissement collectif.

2) Le bureau d’études agréé va déterminer la perméabilité et la filière de traitement.

3) L’entreprise de travaux effectue les travaux selon

4) En cas de dysfonctionnement ou de litige, l’expert vous guide vers les corrections à apporter à votre installation pour qu’elle fonctionne.



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